En Mémoire-Vive
À Ma-Raine Sarlave
À Mont-Roi Pitré

À Anchaing mon Dada-de-rêve-VERTE

À Héva mon Néninn, grande-sœur-de-SEVE

 

À mes Ninn-Dada

Souriant.e.s et non souriant.e.s

Aux Marones, aux Marons 

Aux autres amnésies

 

 

 (Paroles de Christian Jalma​)

​Chaque soir, vers minuit, lorsque les enfants dorment, les Néninn changent de peau (confectionnée et cousue de « mousous »);  Elles deviennent gardien-du-souvenir de l’amour en cage, de l’intimité universellement montrée dans l’écho de la chambre, seules devant le regard..!

Elles parlent à l’autre, une langue exprimée pour dire une réalité du moment, entendue comme "conte-rendu" d'un imaginaire.

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Durant la journée, elles vivent dans une banalité d’existence exceptionnelle, on ne leur porte aucune attention particulière; elles ne contractent pas de maladie, n’ont pas de rêves, ne pleurent jamais, elles survivent en contemplant les enfants comme un trésor à ciel ouvert; elles exécutent des exceptions de l’existence banale, elles ont la patience qui guérit la gale, elles jouent la Petite-Mère, le Petit-Père, la Petite-Sœur, le Petit-Frère.. !

 

En conséquence, tous les enfants élevés par les Néninn ne parlent pas créole, ils parlent la langue de "Nin-Dada", tambour d’apologie des pisteurs, guetteurs de temps réels et de transes.

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Les Néninn connaissent l’Art Royal de la Survie, elles ont intégré le décalage inné entre l’image et l’action (serviteur/servant, géniteur/parent); elles s’ajustent sur des actes invisibles, avec le regard de l’animal (lézard ou araignée du plafond..) qui observe, détaché des banalités du lieu ; Delà, elles voient se mouvoir les Colonnes, en maîtres-servants.

Ainsi, la pensée des Néninn prolonge le temps sur des sémantiques indéfinissables, où la banalité efface les apparats du  corps.

Emmaüs, Responsable depuis 1949Eco-responsable depuis toujours..